François Martou}’s portrait

François Martou

  • 65 ans
  • Né(e) le 4 Avril 1943
  • Décédé(e) 1 Mars 2009
  • Belgique
François Martou est décédé dimanche d’une crise cardiaque, à près de 66 ans
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Le débat et la gauche perdent Martou

Le débat et la gauche perdent Martou

Professeur émérite à l’UCL, François Martou a présidé le Mouvement ouvrier chrétien pendant 20 ans. Sur le tard, il endossa une couleur de parti - le PS.

Affaibli - plutôt : contrarié - par de lourds ennuis de santé depuis de longs mois, François Martou est décédé dimanche d’une crise cardiaque, à près de 66 ans. Quoiqu’il n’eût jamais de mandat électif au sens classique du terme (ses contradicteurs le lui reprocheront assez), l’ancien président du Mouvement ouvrier chrétien (Moc) aura marqué de ses fonctions, de son entregent et de son dynamisme, pendant plusieurs dizaines d’années, le débat social et politique.

Les circonstances de la guerre le voient naître près de Bruges, le 4 avril 1943. Son père est ingénieur aux chemins de fer. Enfance à Bruxelles, adolescence à Jambes. Le scoutisme (totem : Geai pimpant - "geai se référait à discutailleur ") lui vaut de découvrir la question sociale, auprès d’"enfants du juge". Droit et philo à Saint-Louis ("où le Namurois que je suis passe pour être un cul-terreux"). Délégué au syndicat étudiant d’alors, le Mubef (où il découvre des Deprez, Gol, Quaden, Graindorge). Economie à l’UCL, passage à Harvard. Travaille sur l’innovation dans l’entreprise; a le culot, le nez assez fin aussi, de prédire à 25 ans la fin prochaine des Acec. Et le social, alors ? Depuis 3 ans, il donne déjà des cours à l’Isco, créé par le Moc et les Facs de Namur pour des adultes au travail - lequel Institut s’élargira en 1974 à la Fopes, côté UCL, dont il sera le patron. Et la politique ? Toujours par une espèce de tangente, même lorsqu’il est membre du FDF : il est d’"Objectif 72", dans la mouvance hors parti de la gauche chrétienne; comme plus tard de Rénovation wallonne, même s’il se distanciera ensuite du mouvement régional pour une fibre plus francophone; comme du "groupe Bastin-Yerna", improbable rencontre de chrétiens et de socialistes convoquée dans la chambre d’accouchement du fédéralisme.

C’est fin 1985, pour vingt ans, qu’il devient président du Moc. Lui qui n’était pas tombé dans la marmite jociste : c’est une première. Mais c’est quoi, le Moc ? Une holding, un organisme microcéphale, une auberge espagnole (hantée de CSC, Mutualités, Equipes populaires, Arco, ex-Bacob, Vie féminine, etc.) ? "C’est une coupole, qui s’occupe principalement de la formation, de l’information et de la politique. Et c’est un organisme qui fédère. Il y a hybridation, mais originale et fondamentale", répond-il dans un livre d’entretiens ("Demain il fera jour", éd. Couleur livres, en 2006). Il n’aura de cesse d’y prendre ses distances avec le parti proche "historique", le PSC; de se méfier de tout parti alternatif (tel le Sep avorté dans les années 80); autant que d’inciter, nourrir, happer toute tentative de rassemblement progressiste (de l’appel de Léo Collard aux plus récents Oliviers) avec leurs hauts et leurs bas. Et un jour ou l’autre, il est partout, par mandats dérivés ou allant propre, du Conseil de l’Education et de la Formation (Cef) qu’il copréside à la Banque nationale comme régent; administrateur à la RTBF, à l’UCL ou chez Dexia : lorsqu’il se retire, en décembre 2005, il adresse encore 24 lettres de démission

Se retire ? Non sans surprendre - et agiter - tout son monde, lorsque lui, l’antiparti, adhère au PS et se porte candidat de sa liste au Sénat, pour les législatives de 2007. "Pour les électeurs f rancophones, la première question sera le rapport de forces PS/MR", se justifiera-t-il, pressentant ce que le MR honni annonce comme basculement de centre de gravité.

Candidat en vain, d’ailleurs. Sans amertume. Du reste, on le voyait si peu sénateur ! Ses ultimes cartouches, il les expédie aux banquiers en déroute, "qui ont formé une sorte d’association de bandits et qu’il faudrait mettre en cabane". Que ne l’avait-il ressassé : "L’économie tourne sot !" Résumons : le capitalisme de papa est mort, la gauche a perdu une boussole.

Source: La Libre.be

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thomass

    Visité 13 Mars 2009